Avant La Crise

Des erreurs stratégiques (1981-1983)

En 1981, en Grande Bretagne, les températures de chauffage des FVO sont abaissées. En France, Le Professeur Françoise Cathala publie une enquête épidémiologique sur la relation entre la scrapie et la MCJ, qui ne démontre aucun lien, mais qui n’infirme pas non plus la possibilité d’une transmission.

En 1982, aux Etats-Unis, le Dr Prusiner parle pour la première fois de protéine  » prion « , provoquant d’inombrable protestations scientifiques. Ses premiers travaux sur le concept d’un agent contaminant dépourvu d’ADN datent de 1979.

L’apparition de la maladie (1984-1987)

En 1984, des cas de MCJ apparaissent à cause de greffes (aux USA, en Autralie…) et à cause de l’injection d’hormone de croissance (aux USA).

En 1986, l’affaire de l’hormone de croissance est dévoilée au grand public. Trente adolescents sont atteint de la MCJ. Le rapport confidentiel est accablant sur l’hormone de croisance, sur les pratiques hospitalières et sur la distribution de matériel biologique humain.

Les premières mesures (1988-1989)

De 1988 à 1989, les premières mesures sont prises. 2000 cas d’ESB sont confirmés. Le rapport confidentiel du Professeur Southwood propose que l’ESB soit une maladie à déclaration obligatoire, et que tout bovin suspect soit retiré de la chaine alimentaire et abattu. Il suggère de plus, que les FVO, source probable de la contamination, soient retirées de l’alimentation des bovins.

En Grande-Bretagne, chaque cas doit être déclaré, et abattu. L’utilisation du lait provenant d’une vache infectée, ou suspectée de l’être, est également prohibée.

Les farines d’origine animale dans l’alimentation bovine sont interdites. Par contre, les exportations de ces mêmes farines sont toujours autorisées ! !. Les éleveurs reçoivent des compensations.

Puis le gouvernement britannique interdit la consommation de certains abats de veaux âgés de plus de 6 mois (cervelle, thymus, rate, amygdales, intestin, moelle épinière).

La France, suspend l’importation de farines animales britanniques sauf si l’entreprise s’engage à ne pas les distribuer à des ruminants.

La Communauté Européenne interdit l’exportation de vaches anglaises nées avant le 18 juillet 1988 ou de vaches suspectées d’ESB.

En 1989, l’université de Yale publie une étude sur la maladie d’Alzheimer, qui stipule que 13% des cas déclarés sont en fait imputables à la MCJ.

En Irlande, 30 cas d’ESB sont identifiés. Ce pays interdira l’alimentation par les FVO en novembre.

Les années d’incertitude (1990-1995)

La France soumet à déclaration obligatoire les cas d’ESB sur son territoire, le 8 juin 1990. Elle interdit l’utilisation des farines de viandes dans l’alimentation des bovins, et l’incorporation des abats à risque, dans l’alimentation animale.

Le 25 septembre l’interdiction d’utiliser des farines animales s’étend à tous les animaux d’élevage y compris porcs et volailles.

Des résultats scientifiques montrent que la maladie peut passer d’une espèce à l’autre.

L’épidémie bovine prend de l’ampleur avec quelque 300 cas recensés par semaine.

C’est aussi le premier cas d’ESST chez un animal domestique, la féline spongiforme encéphalopathie, que l’on suppose être une contamination de l’ESB à l’espèce féline. En septembre, 30 chats auront été contaminé. Gajducek donne les résultats d’une expérience : la protéine prion, après avoir été enterrée pendant 3 ans est toujours aussi contaminante. En angleterre, La transmission expérimentale de l’ESB à un porc est réalisée.

En décembre, la France met en route un réseau d ‘épidémio-surveillance de l’ESB et d’indemnisations financières.

En 1991, les autorités françaises décident l’abattage de tout le troupeau si un animal est atteint et cela après la découverte du premier cas de « vache folle » en Côtes-d’Armor.

En Grande Bretagne, la vente des FVO et des abats bovins est interdite comme aliment pour le bétail. En revanche , elle continue la vente de ces produits comme angrais pour les pays du Tier-Monde, tout en se déclarant irresponsable quand à l’utilisation qui en sera faite.

En décembre, une circulaire CEE confidentielle recommande aux pays membres que  » l’affaire des vaches folles  » ne soit pas publiée dans la presse. En 1992, le Morris report (Grande Bretagne) est publié. Il informe de trafics de vaches suspectes et de pratiques illicites des éleveurs et des exportateurs.

En 1992, en France un guépard et un puma d’un parc zoologique sont victimes d’Encéphalopathie Spongiforme Transmissible (ESST). Leur nourriture (farines) est suspectée. En juillet, en France, les tissus d’origine bovine le cerveau, la moelle épinière, les amygdales, la rate, les ganglions lymphatiques, l’intestin, le thymus, le placenta, l’hypophyse, les glandes surrénales, les méninges sont retirées des compléments alimentaires et des produits destinés à l’alimentation.

En 1993, la maladie atteint son point culminant au Royaume-Uni, avec près de 800 cas par semaine. Deux éleveurs laitiers britanniques dans les troupeaux desquels des cas d’ESB sont identifiés, meurent de la maladie de MCJ.

En angleterre, la scrapie, que l’on soupçonne être à l’origine de l’ESB devient enfin une maladie à déclaration obligatoire.

En 1994, l’Union Européenne prend trois mesures importantes :

  • l’interdiction des protéines issues de tissus de ruminants (ou de viandes de mammifères non identifiés) dans l’alimentation des ruminants sur tout le territoire de l’UE.
  • l’interdiction des exportations de viande bovine provenant d’élevages ayant eu un cas d’ESB diagnostiqué au cours des 6 dernières années.
  • l’interdiction d’exporter les veaux britanniques âgés de plus de 6 mois.

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