Une autre lecture de L’ESB (témoignage de Pascal C.)
Message reçu le 18 avril 2001 à 00 :13
« Par métaphore je compare l’ESB a une allergie : Si l’organisme réagissait à un allergène en produisant entre autres substances un des composants (ou très proche) de ce même allergène nous en déduirions en toute innocence que c’est ce composant qui est responsable d’un phénomène que nous qualifierions aussitôt d’infectieux. Or il n’en serait rien bien sur et comme cela ne répondrait pas aux critères habituels, nous créerions une nouvelle catégorie d’agents infectieux non conventionnels.
- parce que le plus petit dénominateur commun reste l’ingestion par des ruminants de protéines de leur propre espèce ou d’une espèce proche
- parce que le cycle naturel des protéines (anabolismes, catabolisme successifs) efface normalement toute « mémoire » d’espèce dans la nature
- parce que le cannibalisme « se justifie » seulement dans des cas de forte disette (avec parfois du botulisme, toxine nerveuse ??..), et des cas d’actes symboliques ou psychiatriques (le sens reste proche)
- parce que chez des levures des protéines « comparables » (l’une est nommée psy !) présentent des modifications spatiales adaptatives semble-t-il
- parce que des américaines ont montre que des drosophiles soumises au stress (le froid) voient certaines protéines enrobant l’ADN se modifier permettant un taux de mutation bien supérieur au taux habituel entraînant parfois une adaptation possible a la descendance
- parce qu’un organisme rejette habituellement des greffes et vice versa ou meurt !!
- parce qu’une expérience consistant en une injection intracérébrale me semble une violence sur le plan biologique plus qu’autre chose provoquant forcement une réponse biologique elle aussi et pas forcement immunitaire
- parce que je crois qu’en cherchant mieux on trouverait sans doute quelques protéines prion en équilibre dans le cerveau de chacun et pas seulement quand le processus « s’emballe »
- parce que je ne suis pas certain que les prions présents dans un organe lymphatique montent vers le cerveau, un robinet qui goutte remplit la baignoire et pas l’inverse. Que sait-on exactement de la demi-vie et des voies d’élimination de ces protéines ?
- parce qu’aucune réaction immunitaire n’est détectable : le prion ne m’appartiendrait-il pas en propre tout simplement ??
- parce que la partie du cerveau la plus touchée est le tronc cérébral semble-t-il, partie la plus archaïque de notre cerveau qui « s’occupe » de mes besoins les plus vitaux (manger, me reproduire, attaquer ou fuir)
- parce que notre tendance psychologique est de chercher une cause extérieure a nos soucis les plus divers jusqu’a preuve du contraire
- enfin : kreutzfeldt , Jakob , prion , kuru , dans une culture judéo-chrétienne et germanophone me renvoie à l’histoire de Jacob qui trompe son père sur la nourriture pour obtenir sa bénédiction… curieux pour le moins
- parce que je serai curieux de voir les effets sur plusieurs générations et pas une seule d’une injection intracérébrale de cerveau sain intraspecifique
- parce que de toute manière « l’épidémie » ne répond pas du tout aux critères habituels et que nous cherchons bien plus a faire entrer de force les nouveaux cas dans un cadre connu
- parce que les expériences in vitro ne reflètent qu’infiniment partiellement le vivo et que les expériences in vivo reviennent à conclure que par exemple une radiation naturelle a les mêmes effets qu’une bombe atomique
- parce qu’il me semble logique que ce qui est pris pour une adaptation du prion augmentant la virulence au cours de passages successifs n’est qu’une réponse individuelle différente (c’est pas la même chose de m’injecter du cerveau de bÅ“uf ou du cerveau d’homme dans le crane ou alors j’ai perdu la tête!!)
- parce que d’abaisser température et ou pression de préparation des FVO revient à conserver des caractéristiques spécifiques a tout un tas de protéines d’une espèce et reconnues comme telles par les individus de cette même espèce
Pour tous ces parce que, l’ESB est à mon sens seulement une réponse adaptative a un non-sens biologique : si je mange ma propre espèce je la fais disparaître, n’étant pas en nécessité de survie individuelle, je privilégie la survie de mon espèce, je me détruis.
Le caractère collectif d’une pathologie ne suffit pas à la qualifier d’infectieuse. Conséquence : il ne s’agit pas d’une infection et encore moins d’une épidémie mais d’une « malheureuse » tentative d’adaptation individuelle.
Qu’en pensez-vous ? «
Pascal C.


